• Gilles GB

Confiné, dégâts collatéraux.

Mis à jour : juin 21

Marchés fermés, j'ai peur de ne pas retrouver tous mes commerçants quand sonnera l'heure du déconfinement...


Combien auront mis la clé sous la porte, lassés de ne plus y arriver, éreintés par ce dernier coup du sort.


Que sera ma vie de cuisinier si je perds mon marché, si je perds mon maraicher, celui avec qui je peux discuter de la sortie des asperges, des gelées tardives, des tomates anciennes, celui qui essaye toujours de me refiler 1 salade de plus, un petit kilo de plus, si je perds mon charcutier, celui qui me prépare ces succulentes andouillettes au couteau, qui est toujours de bon conseil quand il s'agit de parler cuisson et température idéale pour jambons et jambonneaux, si je perds mon poissonnier chez qui je peux discuter de la pêche, chez qui je peux commander un beau sandre, chez qui je peux trouver ces succulents petits homards bleus, et qui me garde de côté un kilo de langoustines quand son stock s'épuise et que j'ai eu du mal à me sortir de mon lit pour me rendre au marché...


J'aime mes commerçants, ceux des marchés bien exposés en ce moment, mais aussi ceux qui ouvrent boutique, mon boucher, souvent renfrogné, mais qui se déride dès que l'on lui parle persillé, préparation et maturation, mon boucher et sa magnifique côte de bœuf qui grille l'été sur mon barbecue, mon boucher qui sait me mettre de coté ces bouts de jambon sec et si sec qu'il n'y a que moi pour les manger, mon fromager puisque j'ai la chance d'avoir encore un fromager dans ma ville, un luxe, et je n'oublies pas les autres, mon jeune caviste qui n'a jamais le vin que je veux mais qui sait toujours me le remplacer avec bonheur, mon boulanger, mes petits BIO...


Que sera la vie quand il ne restera plus que des super, hyper, et autres grandes surfaces, que ces espaces où le fromage tend à devenir pasteurisé, où la viande est à peine préparée, où l'on vous vend du foie de veau avec des yeux, où le vin est aligné sur les rayons sans plus d'égard que le Coca, où les asperges viennent de loin quand elles poussent à deux pas, où l'on étrangle les agriculteurs en leur imposant des prix de départ de plus en plus bas. Je hais les grandes surfaces qui déshumanisent le commerce, qui nivellent les goûts, qui ruinent les artisans.


Donc le jour de la délivrance, qui viendra bien un jour, je me précipiterai chez mes commerçants en espérant qu'ils soient encore au rendez-vous.


Amitiés à vous tous.



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